samedi 21 mars 2009

Éditorial : Enseignements premiers

Le week-end a été des plus ordinaires. Une fin de semaine marquée par le championnat de la Nationale Une de football. À Alger, l’événement était au stade de Bologhine où se jouait le derby MCA – USMA. La Capitale n’a pas sorti des atours de circonstance pour le lancement officiel de la campagne électorale pour la présidentielle…Image à juxtaposer aux autres villes, grandes et moins grandes, et villages du pays…Vision exagérée, d’aucuns pourront répliquer, faisant remarquer que ce n’est que le début, qu’une campagne électorale ce n’est pas une fête foraine, qu’il ne faut pas s’amuser à compter le nombre de manèges et mesurer l’intensité du tambour et de la trompette sous les chapiteaux mais s’intéresser plutôt au fond du débat politique autour de l’élection. D’autres rejetteront cet angélisme à rebours, arguant que c’est par le contenant qu’on est attiré vers le contenu, que c’est (une évidence) la campagne qui, servant de moteur, donne sa partition à toute l’opération de vote et peut être déterminante au scrutin. D’autres encore caricatureront en disant que tout cela c’est du cinéma, un film dont la fin est connue à l’avance…Parmi ces derniers, le RCD a organisé un meeting à Bouira, participant donc au débat ‘‘à l’occasion’’ de la présente campagne électorale. Car, c’est peut-être là que réside le plus important : le débat politique. Et la prochaine présidentielle est déjà assez riche en enseignements quant à l’évolution de la scène politique nationale et devient intéressante par la mise en avant dès l’entame de la campagne de certains éléments constituant une sorte de triptyque problématique : l’utilisation de la religion à des fins politique, l’amazighité, la femme. Déjà que dans cette présidentielle c’est une femme, Louisa Hanoune, qui se place le mieux pour porter la contradiction à Abdelaziz Bouteflika, qui a, de son côté, donné une part importante à la femme dans son programme. On remarque aussi la perte de terrain de la mouvance islamiste dans le paysage politique, avec un Mohamed Saïd plus proche du FLN que du FIS ou Hamas, et un Djahid Younsi dont un représentant a, jeudi à la radio, déclaré texto que le candidat n’aspirait pas à un État théocratique et revendiquait la promotion de…l’amazighité !

Cherif Berkache

In Le Courrier d’Algérie du 21 mars 2009

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