Une enquête est menée ces derniers jours se donnant pour finalité un sondage sur les intentions de vote en prévision des prochaines présidentielles. A première vue, cela peut paraître comme un progrès dans les moeurs politico médiatiques au sens démocratique, au sein de la société dans son ensemble. C’est un paramètre non négligeable dans la mesure de l’avancée de la démocratie dans un pays donné, apprécié, dans la pratique publique de la politique, en guise d’indice qui a son importance dans le jaugeage des valeurs de la bourse politique et l’émission de projections, notamment à la veille d’élections, de la vie politique de manière générale. Toutefois, le parallèle s’arrête quand on apprend que l’enquête en question est clandestine, parce qu’aux auteurs anonymes. Le procédé, par des appels téléphoniques, est non seulement pas professionnel du tout, ne répondant pas aux normes suivant lesquelles est effectué un sondage d’opinion, mais constitue une double atteinte aux personnes. Primo, à la vie privée des correspondants accrochés en ligne, identifiés, avec état civil, numéro de téléphone et on ne sait quoi encore sur une fiche réelle ou supposée. Secundo, à la liberté politique, allant complètement à contresens du principe même du vote, qui est strictement personnel, fondamentalement secret. Principe d’ailleurs rappelé par « une source proche du ministère de l’Intérieur » citée par l’APS, en réaction au pseudo sondage, en ajoutant toutefois que « des sanctions ne sont pas envisageables », évoquant un vide juridique. Est-il besoin de formalité législative pour la défense des droits et libertés du citoyen lorsqu’ils sont consacrés par toute la Loi et que l’État en est garant ? Là aussi réside la mesure, l’évaluation du développement sociopolitique de la nation.
Cherif Berkache
In Le Courrier d’Algérie du 28 mars 2009
samedi 28 mars 2009
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