Comme il est de coutume dans le discours de pratiquement tous les candidats, à toutes les élections, il est consacré une bonne tranche à « la jeunesse ». Thème phare par excellence en Algérie où la population est constituée à pas loin des trois quarts de personnes âgées de moins de trente-cinq ans. Des personnes. Pas seulement un taux dans de froides statistiques et un thème creux dans un programme électoral -ça ne va pas le plus souvent au-delà, pas même inscrit dans un programme de parti (ou de structure gouvernementale, étatique) de façon claire et constante, de manière conséquente et suivi d'effet lorsqu'on a le pouvoir… Justement, pour cette raison, le thème tel que présenté n'est pas fait pour convaincre dans un pays où la jeunesse est désenchantée par sa condition, dépitée par les promesses électoral(ist)es, des politiciens et autres ''gestionnaires'' des affaires publiques. Les harraga constituent aujourd'hui le stade suprême de cet état de désillusion. Pour que demain la tendance s'inverse, que la direction du vent devienne favorable, il est temps d'adopter à l'encontre des jeunes un langage direct, porteur, les considérant en individus citoyens, à la place du discours démagogique sans aucune portée, sinon à les éloigner davantage physiquement de leur terre, politiquement de leur nation. Et, en parlant de chiffres, de statistiques, il ne faut pas aller chercher loin les raisons de la désaffection enregistrée -et crescendo- lors des opérations de vote. Hé oui, les jeunes et leur taux… La participation à la vie politique et (d'abord) économique, ils ne demandent que ça, les jeunes ! Mieux, ils revendiquent qu'on leur lâche du lest, rien que ça, car pour l'avenir, dans tous les cas, il leur appartient…
Cherif Berkache
In Le Courrier d'Algérie du 30 mars 2009
lundi 30 mars 2009
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