mercredi 15 avril 2009

Éditorial : Le vote... et l'alternance

Après l’annonce par le ministre de l’Intérieur de la victoire de Abdelaziz Bouteflika à l’élection présidentielle avec plus de 90 % des voix exprimées et la proclamation officielle de sa ‘‘réélection’’ (formulée ainsi) par le Conseil constitutionnel pratiquement dans les mêmes termes, un constat est à faire, pas du tout réjouissant pour la marche de la nation dans le sens du progrès général, à décharge pour le président (ré)élu. Car lorsqu’on élit un homme –ou une femme– pour présider aux destinées de son pays, on lui confie la gestion des affaires publiques et la prise de décisions qui engagent le présent et l’avenir. Et, à commencer par la crédibilité de la compétition électorale jusqu’à la constitution d’une opposition réelle, laquelle a besoin d’une assise acquise précisément dans le vote, essence de la démocratie. Or, il est difficile de prétendre à un tel rôle avec les scores insignifiants obtenus par les ‘‘concurrents’’ de Bouteflika, avec 4,5 % pour la candidate classée deuxième. Des résultats qui ont de quoi inquiéter quant à l’avenir du pluralisme effectif, à l’avancée de la démocratie en Algérie. Dans des pays où la pratique démocratique est enracinée, un vote pour élire la personne qui occupera le plus haut poste de gouvernance, différent selon les systèmes politiques, ça se joue le plus souvent à moins de 1% d’écart entre les deux candidats les mieux placés. Ce qui nous amène à une question centrale dans l’exercice de la politique dans un système qui se veut démocratique : l’alternance au pouvoir. Ceci dit, peut-être que cette situation, apparue dans toute sa nudité –pas seulement dans la dernière élection mais dans les précédentes aussi, illustre tout simplement le stade auquel est parvenu notre pays, société, classe politique (ceux qui ont boycotté la présidentielle compris) et institutions.

Cherif Berkache

In Le Courrier d'Algerie du 15 avril 2009

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire