Aujourd'hui, le citoyen algérien disposera de son droit de vote. D'une manière ou d'une autre. Dans un sens comme dans l'autre. Car il s'agit d'un droit qu'on exerce librement (un pléonasme ici utile pour rappeler le caractère fondamentalement libre de l'acte de voter) et secrètement (sinon il perd justement le noyau de la substance de cette liberté). Ne pas oublier également que le vote est aux origines de la démocratie. Que donner sa voix dans l'élection d'individus, en vue de la représentation ou la direction d'une communauté, ou pour des choix engageant cette communauté est la première action politique dans un système qui se veut démocratique - quoiqu'un tel système soit soumis à la loi de la relativité, dans l'absolu et selon les situations. Ceci pour dire qu'au-delà du scrutin de ce 9 avril -du reste, dans tous les cas de figures, déterminant pour l'avenir du pays-, de tout scrutin, la présente élection, son organisation, le déroulement de la campagne, y compris les imperfections et les dérapages constitue un tournant certain dans la vie de la nation. Elle participera d'une vraisemblable reconfiguration du paysage politique. Pas seulement suivant les résultats du vote (concernant l'élu, les scores des autres candidats et le taux de participation) mais aussi dans les moeurs politiques, lesquelles ont grandement besoin d'être dépoussiérées de leurs archaïsmes et débarrassées de leurs infantilismes. Afin de parvenir à enraciner la culture démocratique dans la société, avec une scène politique où le maître mot revient au débat contradictoire, où une voix dans une élection est pesée à sa juste valeur (d'abord par l'électeur, ensuite par l'organisateur de l'opération de vote), où le respect de l'urne est un principe sacré, inaliénable. Tout le reste suivra, dans l'exercice -tout azimut- de la politique et la pratique de la démocratie. Avec au finish -et ça coule d'essence- le vote.
Cherif Berkache
In Le Courrier d'Algérie du 9 avril 2009
jeudi 9 avril 2009
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