mardi 21 avril 2009

Éditorial : La politique c’est (tout) un programme

Les acteurs de la classe politique ne faisant pas partie de l’Alliance présidentielle et n’ayant pas participé au soutien du candidat Abdelaziz Bouteflika se sont timidement prononcés suite au discours d’investiture du président réélu. Pour ne pas dire qu’il y a absence de réaction réellement politique : dans le sens de décortiquer ce discours qui se veut porteur des grandes lignes du programme de cette troisième mandature, le démonter, y apporter des commentaires, des critiques avant d’y opposer ses propres visions politiques et économiques, sur les questions de l’heure, les grands dossiers ouverts ces dernières années et surtout les sujets intéressant les citoyens de près parce que touchant de manière directe à leur vécu. Cette attitude met au goût du jour les deux grosses tares qui collent à la peau des partis. Deux points Intimement liés et concernant la relation avec les citoyens et le programme. Mais comment attendre des critiques pour un programme de la part de gens qui en manquent ? Aujourd’hui en Algérie, ils sont si rares les partis qui possèdent un véritable programme politique, avec des positionnements clairs, traitant (sérieusement) de l’économie et présentant publiquement des propositions avec explications et argumentaire, notamment ce qui se rapporte au social, donc aux préoccupations premières de la population. Et nous voilà dans cette relation avec les citoyens, au coeur de l’existence même d’un parti. Tout cela peut apparaître comme de la didactique élémentaire, cependant à la mesure de cette réalité qui caractérise la classe politique algérienne : déficit en force de proposition et éloignement du peuple. N’y voir là aucune démagogie ; mieux, dans un système politique qui se veut démocratique, un parti (et tout politique élu) qui aspire à gouverner tient toute sa légitimité du peuple. Et avec le peuple, ça ne communique pas par fax (nos politiques ne se sont pas encore mis à Internet) et la politique ne s’exerce pas en groupe dans des bureaux ou en cercles dans des salons.

Cherif Berkache

In Le Courrier d'Algérie du 21 avril 2009

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