Des saisies importantes de kif traité ont été opérées par les services de la Gendarmerie nationale depuis le début de l’année. Des records dans la lutte contre le trafic des stupéfiants en Algérie. Ces donnes sont par ailleurs mathématiquement révélatrices des grosses quantités de drogue qui circulent dans le pays. La plus grande partie, aime-t-on à se consoler, est destinée à l’étranger, le territoire national servant de passage, d’espace de transit. Cette demi vérité n’empêche la réalité qui fait que la consommation intérieure a atteint des proportions des plus graves, quand on sait que le cannabis (et pas seulement, les psychotropes aussi, voire les drogues dites dures) circule autour des lycées (et des collèges !), l’adolescent (et l’adolescente) d’aujourd’hui s’initiant au kif –à un âge encore plus précoce– comme ses aînés goûtaient hier à la bière et au vin, avec des dégâts infiniment plus étendus…Touchant ici à la (difficile à saisir) sphère sociale, le propos nous ramène au trafic de la drogue, devenu un véritable fléau, accentué par la situation sécuritaire et certaines pratiques maffieuses à visage économique. On parle de réseaux structurés et dotés de moyens conséquents, y compris des armes de guerre dont ils n’hésitent pas à se servir. Les enjeux sont énormes. Aussi, la lutte restera ardue malgré les résultats probants réalisés ces derniers mois et l’expérience acquise par les gendarmes, qui parviennent à décrypter et à déjouer les stratagèmes des narcotrafiquants. Outre l’évidente difficulté de l’entreprise, le combat contre le phénomène que constitue le trafic de drogue est notablement freiné par l’état des relations de l’Algérie avec le voisin pourvoyeur. Logique primaire : comme la marchandise prohibée vient du Maroc, la lutte devrait s’opérer aussi en amont, la coopération dans ce type de situations n’étant pas facultative…
Cherif Berkache
In Le Courrier du 19 avril
lundi 20 avril 2009
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