lundi 6 avril 2009

Éditorial : Les droits et le sol

Les Algériens résidant à l’étranger votent (théoriquement, voter étant un droit dont on dispose librement et secrètement) depuis trois jours et ont trois autres jours pour exprimer leur voix pour l’élection présidentielle. Normal. Il s’agit de ressortissants algériens. Pas moins, pas plus...Des citoyens à part entière lorsqu’ils se trouvent sur le sol national. Avec les mêmes droits et obligations que leurs concitoyens ‘‘permanents’’ du bled. Aussi, la dernière ‘‘initiative’’ de Djamal Ould Abbes est surprenante à plus d’un titre. Le ministre a annoncé à la fin de la semaine dernière une mesure consistant en la réduction, selon les termes d’une convention signée avec Air Algérie, des tarifs des billets d’avion au bénéfice des «familles à revenus modestes établies à l’étranger» qui rentrent au pays et –s’ils viennent ailleurs qu’à Alger ou autre ville où ils atterrissent– leur prise en charge hôtelières et de transport, y compris par voie aérienne, vers leur région d’origine. Le représentant du gouvernement ne précise pas comment déterminer qu’un émigré est à faible revenu, d’après quels paramètres économiques et sociaux… tout de même pas par rapport au faible revenu du bled et son pouvoir d’achat ! Ceci pour revenir à la citoyenneté, parmi les notions d’essence en opposition à toute discrimination, dans un sens ou dans l’autre. Tous les citoyens sont égaux devant la Loi et ceux qui sont en charge d’appliquer les lois de la République et de la gestion des affaires de l’Etat se doivent de veiller à ce que ce concept de citoyenneté transparaisse dans la vie de la Cité, y compris à l’adresse de ceux qui y sont de manière ‘‘temporaire’’ mais possédant passeport (un document du citoyen par excellence) et qui la plupart du temps sont soumis aux lois d’autres terres…

Cherif Berkache

In Le Courrier d'Algérie du 6 avril 2009

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