La ‘‘question’’ de la femme est évoquée parmi leurs thèmes de campagne par les candidats à la présidentielle. Comme de bien entendu ! en pareille circonstance, où l’on ne peut faire l’impasse sur la moitié de l’électorat. Mais souvent sans conviction, voire, pour les plus conservateurs d’entre eux –comme celui-là qui propose une petite pension ‘‘femme, au foyer!’’– à contresens du besoin naturel de la femme de s’émanciper, de ses aspirations politiques et du mouvement historique de la société. D’ailleurs, en dépit de toutes les pesanteurs traditionnelles devenues idéologiques et ce qui en découle comme pratiques dans la vie de tous les jours, dans la sphère économique, au sein des institutions de l’État et dans la vie politique, la femme s’est imposée, avec ses capacités, diplômes obtenus avec brio et compétences reconnues. Et ce n’est pas un hasard si aujourd’hui c’est une femme qui porte véritablement la contradiction au candidat parti favori. Dans une élection où les postulants apparentés de près ou de loin à l’islamisme sont timides, en termes d’envergure politique et dans le discours électoral, s’assumant mal dans cette ‘‘affaire’’ de la femme, pourtant bête noire des conservateurs de tous poils, ici traitée telle une fauve qu’on veut mettre en cage mais qu’en attendant on essaie d’amadouer à distance respectable. Car dans la jungle politique, elle a sorti les griffes, dans le paysage économique elle s’est incrustée, quoique dans le corps social sa place soit encore sujette à une forte résistance dans le sens (pensée) de la réaction. La crue du progrès est néanmoins plus forte ; on ne peut arrêter le cours de l’histoire même si on parvient à le freiner pour un temps. Et puis, la nature est avec elle ; c’est la femme qui met au monde l’Homme. Et on ne peut échapper aux lois de la nature. Quant à l’histoire, elle est, mis à part toute considération de ses chances dans le scrutin de la semaine prochaine, avec Louisa Hanoune, pour ce qu’elle représente comme symbolique dans la ‘‘problématique’’ de la femme en Algérie.
Cherif Berkache
In Le Courrier d'Algérie du 2 avril
vendredi 3 avril 2009
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