dimanche 12 avril 2009

Éditorial : Politiquement, incorrect

Les candidats ‘‘malheureux’’ à la présidentielle crient à la fraude. Difficilement recevable. Que ça vienne des partisans du boycott, cela va de soi. Mais de la part de celle et ceux qui ont pris part à la course électorale, c’est trop politiquement correct pour être honnête. D’aucuns diront que c’est politiquement malhonnête tout en sachant que la politique et l’honnêteté ne font pas (toujours) bon ménage. Mais tout de même…Lorsqu’on participe à une élection et qu’on la perd, la décence veut qu’on accepte la défaite (un épisode naturel dans la vie d’un parti, d’un homme ou d’une femme politique) au lieu de tenter de la justifier, que ce soit de façon sincère (autre qualificatif qui sied mal à la chose politique) ou, comme cela peut être lu, en guise de parade pour la galerie, histoire de sauver la face devant l’opinion publique. C’est (encore) perdu d’avance. Car, cette tactique post-élection adoptée par les ‘‘perdants’’ s’inscrit complètement en contradiction avec leur démarche de participation et en porte-à-faux avec leur crédibilité. Ensuite, à quoi rime cette manie dont ils ont usé et consistant à dénoncer des pratiques répréhensibles dans les bureaux de vote alors que la loi électorale leur permettait de déléguer des représentants au niveau de ces bureaux ? Ces candidats qui s’offusquent aujourd’hui d’irrégularités flagrantes, et d’après ce sens aiguisé de la politique dont ils font montre après l’annonce des résultats du scrutin, devaient alors logiquement appréhender d’éventuelles situations en leur défaveur. En leur absence. Lorsque on s’engage dans une bataille, électorale ou d’une autre nature, il faut avoir les moyens de sa politique.

Cherif Berkache

In Le Courrier d'Algérie du 12 avril 2009

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