Le niveau de vie des Algériens ne semble pas susciter l'intérêt qui devrait -au vu de la situation d'érosion continue et dangereuse du pouvoir d'achat de larges couches de la société- lui être accordé. Et par les pouvoirs publics et par les acteurs politiques et sociaux. Une augmentation du salaire minimum garanti serait sur le point d'être annoncée et l'on parle d’ores et déjà de 15 000 dinars comme s'il s'agissait d'un revenu qui pourrait permettre de subvenir aux besoins (alimentaires) élémentaires de la population. Tandis que des économistes estiment à 30 000- 35 000 dinars le revenu nécessaire pour le minimum vital. On est arrivé à un point où il n'existe que les riches (et les très riches) et les pauvres (et les plus que pauvres), après la disparition de la classe moyenne (lorsqu'elle existait, même la classe en dessous vivait décemment). Aujourd'hui, se procurer les produits de base est un souci majeur. Et la politique adoptée consistant pour l'État à intervenir par la subvention a montré ses limites voire des dérives. C'est une évidence, une bonne partie des produits subventionnés, notamment la farine et le lait, sont en quelque sorte détournés pour la confection de gâteaux dont les prix ont, ces dernières années, doublé ou triplé, et la fabrication de fromages y compris le camembert dont les marques se sont multipliées. Certaines voix essaient de se faire entendre, arguant que la meilleure des méthodes est l'aide directe pour les franges de la population concernées. Avis resté encore sans écho malgré le constat établi tant au niveau des experts que par la vox populi. Quant aux partis politiques et l'UGTA (les organisations situées en dehors du syndicat plus que jamais ''officiel'' comptant pour de simples figurants pour les uns et des faire-valoir pour les autres), ils ne participent nullement au débat sur le sujet pour l'amplifier dans le sens de l'enrichissement, se mettant en position d'attentisme…
Cherif Berkache
In Le Courrier d'Algérie du 30 avril 2009
mardi 19 mai 2009
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