samedi 20 juin 2009

Éditorial : État de contradictions

Les derniers développements de la situation sécuritaire, notamment avec l’attaque de mercredi contre un convoi de la gendarmerie dans la région de Bordj Bou Arreridj, avec un bilan lourd de dix-neuf morts, moins d’un mois après celle, ayant visé, fin mai, une patrouille militaire au sud des Aurès faisant neuf soldats tués, chamboulent les calculs politiques des uns, renforçant les arguments des autres et mettent tout le monde au pied du mur… Les uns, ce sont les « pousseurs » vers l’amnistie générale. Les autres, les défenseurs de l’option « éradication » du terrorisme. Tout le monde, c’est l’Algérie –État et peuple– qui n’est pas sortie de l’auberge du malheur dans laquelle elle est entrée il y a deux décennies. On aime à parler d’ « accalmie », à répéter que la capacité de nuisance des terroristes n’est plus ce qu’elle était il y a douze - quinze ans ; mais le fait même que depuis cette période-là et depuis le temps qu’on le dit les attentats n’aient pas cessé constitue un démenti à ces discours rassurants. Que vaut l’ « accalmie », que signifie cette notion tant que tombent des vies humaines ? Les faits sont têtus. Et ici, ils ne sont pas sans conséquence sur le débat politique de l’heure, au sujet de l’idée d’amnistie générale. Laquelle est loin de faire l’unanimité ; et ce, dans les différents segments de la société, jusqu’aux principales institutions du pays. Ahmed Ouyahia dans l’habit de Premier ministre a, répondant, le 25 mai, aux députés dans le cadre du débat sur le « plan d’action » de l’Exécutif, à mis l’accent sur « l’éradication du terrorisme » comme un préalable à cette amnistie au moment où en face l’on était à revendiquer la mise en œuvre d’une clause contenue dans la « Charte portant réconciliation nationale » énonçant que le président de la République avait la latitude de donner un prolongement à la dite loi… Et maintenant, que va-t-il se passer ? Car, nous sommes dans une pseudo impasse. En fait, rien n’est plus dynamique (au-delà de la dialectique) dans la nature que l’état de contradictions en action.

Cherif Berkache