Le niveau de vie des Algériens ne semble pas susciter l'intérêt qui devrait -au vu de la situation d'érosion continue et dangereuse du pouvoir d'achat de larges couches de la société- lui être accordé. Et par les pouvoirs publics et par les acteurs politiques et sociaux. Une augmentation du salaire minimum garanti serait sur le point d'être annoncée et l'on parle d’ores et déjà de 15 000 dinars comme s'il s'agissait d'un revenu qui pourrait permettre de subvenir aux besoins (alimentaires) élémentaires de la population. Tandis que des économistes estiment à 30 000- 35 000 dinars le revenu nécessaire pour le minimum vital. On est arrivé à un point où il n'existe que les riches (et les très riches) et les pauvres (et les plus que pauvres), après la disparition de la classe moyenne (lorsqu'elle existait, même la classe en dessous vivait décemment). Aujourd'hui, se procurer les produits de base est un souci majeur. Et la politique adoptée consistant pour l'État à intervenir par la subvention a montré ses limites voire des dérives. C'est une évidence, une bonne partie des produits subventionnés, notamment la farine et le lait, sont en quelque sorte détournés pour la confection de gâteaux dont les prix ont, ces dernières années, doublé ou triplé, et la fabrication de fromages y compris le camembert dont les marques se sont multipliées. Certaines voix essaient de se faire entendre, arguant que la meilleure des méthodes est l'aide directe pour les franges de la population concernées. Avis resté encore sans écho malgré le constat établi tant au niveau des experts que par la vox populi. Quant aux partis politiques et l'UGTA (les organisations situées en dehors du syndicat plus que jamais ''officiel'' comptant pour de simples figurants pour les uns et des faire-valoir pour les autres), ils ne participent nullement au débat sur le sujet pour l'amplifier dans le sens de l'enrichissement, se mettant en position d'attentisme…
Cherif Berkache
In Le Courrier d'Algérie du 30 avril 2009
mardi 19 mai 2009
Éditorial : Continuité, dites-vous ?
L e gouvernement a été reconduit hier par le président de la République. Dans son intégralité, le Premier ministre Ahmed Ouyahia et l’ensemble des autres «membres du gouvernement » (selon les termes du communiqué officiel). À l’exception de Bouguerra Soltani –qui était du reste un membre sans porte-feuille et donc sans fonctions précises– qui se retire vraisemblablement suite aux vagues qu’a connu son parti, le MSP, lequel perd ainsi un fauteuil dans la coalition gouvernementale, cependant sans que celle-ci risque un quelconque recadrage politique. L’Exécutif demeure avec le même dosage partisan pour garder le même colorage idéologique qu’on pourra appeler national-conservateur. Conservatisme et continuité. Tels sont l’essence et le moteur de ce ‘’nouvel ancien’’ gouvernement. Pourtant, Abdelaziz Bouteflika a, à la veille de sa réélection, fait des déclarations modernistes, progressistes en faveur de l’émancipation de la femme et de manière concrète, dans le monde du travail et par la promotion professionnelle et sociale. Ce qui va à contre-courant de l’esprit conservateur. Quant à la notion de continuité, d’aucuns au sein du microcosme politico-médiatique d’Alger s’attendaient à certains changements, ne serait-ce que sur le plan formel. Car, des départements en particulier avaient été pointés du doigt par divers acteurs politiques et sociaux, comme la Santé, l’Éducation, l’Enseignement supérieur et l’Industrie. Concernant le département dirigé par Abdelhamid Temmar, il a essuyé des critiques y compris par Ouyahia et Bouteflika, le chef du gouvernement lui ayant reproché l’absence de résultats tandis que le chef de l’État a remis en question, tout en déclarant en endosser la responsabilité, la politique de la privatisation, laquelle est au centre du plan de relance économique. À présent que le même gouvernement auquel est reproché l’échec (au moins) de son programme économique est reconduit, il est difficile de parler de continuité...
Cherif Berkache
In Le Courrier d'Algérie du 28 mai 2009
Cherif Berkache
In Le Courrier d'Algérie du 28 mai 2009
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