Un thème a été évoqué par pratiquement l'ensemble des postulants à la magistrature suprême, à un près, à savoir le candidat qui se revendique de l'islamisme, ce qui est d'ailleurs paradoxal pour un conservateur, parce qu'il s'agit là de l'agriculture. Un domaine qui, dans le subconscient collectif, dans les communautés humaines de par le monde, renvoie à la tradition, au passé. Un segment qui, en économie, peut être apprécié avec un certain dédain académique. Ce qui, dans la réalité, est complètement faux. Bien entendu. Les plus grands pays industrialisés, comme les États Unis et la France, sont de (très) grands producteurs agricoles. En Algérie, le secteur agraire connaît un véritable gâchis, par tout le monde reconnu et situation devant laquelle tout un chacun suggère de faire quelque chose. Un ''quelque chose'' qui reste toutefois vaguement défini. Pour l'état de semi jachère qui caractérise les terres agricoles -ou ce qu'il en reste avec tout le terrain perdu devant le béton-, les candidats à la présidentielle parlent de nécessaires mesures, en pêchant cependant par un déficit en terme de réformes clairement énoncées et explicitées, se contentant le plus souvent de l'évocation de généralités ''bien pensantes'', touchant immanquablement à la fameuse -et non moins redondante- question de l'autosuffisance alimentaire. Oui, l'aliment, est au centre de toute l'activité économique depuis la nuit des temps, car conditionnant la vie. Simple équation. Néanmoins trop simple pour occulter un véritable débat sur l'agriculture, le financement du secteur et son intégration dans l'ensemble de la politique économique du pays, y compris dans les négociations avec des institutions et ensembles internationaux, comme avec l'Organisation mondiale du commerce et l'accord d'association avec l'Union européenne. Mais ce sont là d'autres histoires…
Cherif Berkache
In Le Courrier d’Algérie du 25 mars 2009
mercredi 25 mars 2009
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