En regardant (samedi soir sur Canal Algérie) un animateur dynamique et maîtrisant son sujet, Sofiane Dani, accueillir dans son émission Dzaïr Show un cinéaste bourré de talent et qui commence à faire ses preuves, Khaled Benaïssa, on est gagné par un double sentiment paradoxal : le dépit né du constat de gâchis par rapport aux potentialités existantes et l'espoir de lendemains prometteurs. Le plus grand atout de Sofiane Dani est sans doute son naturel authentique (algérien) -dans le verbe et dans le geste-, loin de l'académisme éculé qui domine encore dans les médias audiovisuels nationaux. Dzaïr Show est peut-être le meilleur programme proposé sur la Télévision nationale dans son ensemble, tant du point de vue du concept alliant la culture au divertissement que par la qualité de la production et de la présentation. Cerise sur le gâteau, le fruit n'est pas périssable, l'émission se poursuit, disponible sur un simple clic, par la magie du Net. Un site bien tenu et à jour ! Quant à l'invité vedette de la soirée, c'est un jeune acteur et réalisateur qui a décroché la Caméra d'or à la dernière édition (décembre 2008) du festival du court-métrage Taghit d'Or avec un film (de dix-sept minutes), qui a été bien accueilli par le public il y a quelques semaines à El-Mouggar… Il avait à peine l'âge d'aller à l'école, au milieu des années 80, lorsque cette salle mythique voyait son père, Slimane Benaïssa, triompher des mois durant à guichets fermés avec son Babor Ghraq (le bateau coule), avant que les artistes se taisent… situation remarquablement imagée par Khaled Benaïssa dans son film Sektou (ils se sont tus)…
Cherif Berkache
Paru dans Le Courrier d'Algérie du 6 avril 2009
lundi 6 avril 2009
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